« Iya Tundé, la mère est revenue », le documentaire sur Germaine Acogny projeté à la Biennale de Venise en juillet

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Le documentaire “Iya tundé, la Mère est revenue” sera projeté ce 24 juillet à la Biennale de Venise, au Théâtre Piccolo Arsenale, à l’occasion de la remise du Lion d’Or de la Danse à Germaine Acogny. Réalisé par Laure Malecot retrace le parcours de la danseuse.

Le parcours de Germaine Acogny, chorégraphe, danseuse et professeure de danse franco-sénégalaise, à travers son enseignement et ses créations, en parallèle avec la période charnière de ses 70 ans, âge à partir duquel elle s’est enfin consacrée entièrement à sa carrière personnelle (de 2014 à 2015). Des stages à l’Ecole des Sables de Toubab Dialaw, au Sénégal, qu’elle a fondée, aux masters class qu’elle donne en Afrique, en Asie, en Europe, à ses chorégraphies, souvent autobiographiques, et aux témoignages de ses collaborateurs, ce film lève le voile sur la personnalité, les motivations et le parcours de cette artiste hors du commun, qui depuis plus d’un demi-siècle est toujours à l’avant-garde.

Pourquoi ce film ? 

La danse selon Germaine Acogny, digne héritière spirituelle de Maurice Béjart, qui l’appelait sa « fille Noire », et de Léopold Sédar Senghor, inspirée par son aïeule Aloopho, prêtresse vaudou (Iya en yoruba), et les danses patrimoniales africaines qu’elle a contribué à mettre en valeur, interroge le rapport de l’individu à son environnement, et son identité, dans un monde où la colonisation a provoqué une sévère perte de repères. 

L’envie de filmer Germaine Acogny m’est venue de la relation quasi filiale qui, d’instinct, étonnement rapidement, est née entre nous, de mère à fille de cœur. Au-delà de combler le vide que ma mère, disparue depuis mon adolescence, a laissé, elle m’a aussi permis de reconstituer mes racines culturelles manquantes. 

Iya tunde, c’est l’histoire d’une femme qui a accompli ses rêves, et continue même de les dépasser. Germaine Acogny, par son itinéraire, sa force et ses questionnements, me rappelle ma mère, pianiste à qui on a coupé les ailes, dans une version de femme artiste épanouie, qui aurait triomphé de tout. Ah, le rêve brisé de ma mère ! Iya tunde est un hommage à ces utopies, ces rêves, qui nous animent, sans lesquels la vie n’aurait pas de goût, pas de sens… 

Elle qui, à 70 ans, semble être parvenue au sommet de sa carrière, n’a de cesse de se confronter à de nouveaux défis, comme lorsque, pour Mon Elue Noire, cinquante ans après que Maurice Béjart ait souhaité le faire, elle se met en danger, au service de la chorégraphie élaborée par Olivier Dubois, afin de réaliser ce rêve de longue date. 

Tant par ses inspirations, les thématiques qu’elle aborde, que les multiples origines des danseurs auxquels elle enseigne, et de ses collaborateurs, sa démarche, tout en valorisant les cultures Africaines, est universelle.

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