Guistaw Fall immortalise la lutte contre la corruption

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Dans le cadre de la 14ème Biennale de l’art africain contemporain, le réalisateur Gustave Fall a repris son appareil photo pour mettre son art au service de la lutte contre la corruption. Son objectif a capturé les effets de cette pratique néfaste à travers des portraits de personnes de tous âges mais aussi des paysages montrant la réalité du milieu des corrompus.

Pleins de billets de banque dans la bouche, sourire de satisfaction, ce cliché de cette dame pourrait faire rêver. Seulement les tâches de sang sur les billets de banque et les cordes et chaines autour du cou du modèle pousse à réfléchir. Ce contraste délibéré permet au photographe Gustave Fall de mettre en opposition l’appétit vorace des corrompus et les conséquences sur les populations. L’artiste, qui n’en est pas à sa première participation à la Biennale de l’art africain contemporain, met en image l’expression bien sénégalaise qui veut que l’on mange son argent. Seulement ici, l’argent en question n’est pas licite. Les cordes et chaines autour du cou représente tous les organismes nationaux et internationaux qui se chargent de barrer la route à la corruption. 

Présentée par la Plateforme d’activisme artistique contre la corruption (PAAC), cette expo photo met en images tous les aspects de cette pratique qui plombe les économies des pays. En quelques clichés, Guistaw de son nom d’artiste met en situation et explique son engagement pour cette cause. Du 19 mai au 6 juin, son travail est accroché aux murs de l’Ejicom située à la cité Keur Gorgui. Habitué à faire cohabiter les dualités et les contrastes, Gustave Fall met ensemble les différences pour mieux les dénoncer: Cet homme arborant fièrement une mallette de biens mal acquis et pourtant assis sur un tas d’ordure; Cette dame visiblement sereine malgré les grilles qui entravent sa liberté… Les clichés accrochés sur les murs de l’Ejicom sont le coté soft du travail du photographe sur ce thème. Avec la coordinatrice de l’exposition, Oumy Régina Sambou, Gustave Fall promet de découvrir dans quelques mois des images plus «sombres» de cette série consacrée à la lutte contre  la corruption.

Au cours du vernissage vendredi dernier, la graffeuse Zenixx a fait une performance autour du thème. Sur une fresque, elle a inscrit le mot «Illicite». En lettrage graffiti et avec des couleurs très vives, comme elle les utiliser, la graffeuse met l’accent sur la nature de la corruption. «Sur cette fresque, j’ai écrit illicite. Pour moi, il est bien de parler de corruption, mais c’est encore mieux de dire c’est quoi la corruption», a-t-elle dit. S’adressant à tous les publics mais surtout aux jeunes, elle mise sur une pédagogie répétitive. Pour elle, il faut leur faire comprendre ce qu’est la corruption. Autour du mot «Illicite», des hashtag avec «Ger» (corrompre en wolof), «Mbukhum» (malversations, en wolof), «corruption» et «PAAC» mettent l’accent sur le thème des créations artistiques. 

Awa NDAO

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Oumy Régina Sambou, Journaliste et blogueuse, critique d'art, activiste artistique

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